La Cour des comptes juge sévèrement la qualité du pilotage par l’État de la décentralisation
L’Etat n’est pas parvenue à simplifier l’action publique locale. Loin de renforcer l’échelon régional comme initialement envisagé, elle a plutôt bénéficié aux départements. En consacrant la clause générale de compétences, elle offre aux collectivités territoriales de grandes marges d’action et conduit à la multiplication des procédures de concertation et de financements croisés qui alourdissent le travail administratif. La dépense publique ne s’en trouve pas davantage rationalisée, avec le développement d’une compétition entre collectivités et d’une tendance à doublonner les interventions. L’Etat porte une large responsabilité en la matière, faute de s’être organisé pour piloter de manière homogène le processus de décentralisation.
Pour la Cour des comptes, la décentralisation n’a pas rendu la gestion plus efficace et économe : elle n’a pas remédié à l’empilement des structures administratives et l’Etat n’a réduit la taille de ses services déconcentrés qu’à compter de 2007. Ainsi, le nombre de fonctionnaires locaux et d’Etat a progressé d’un million de personnes au cours des vingt cinq dernières années. Au cours de la même période, la dépense des administrations publiques locales a été multipliée par plus de 5 et celle de l’Etat par plus de 3.

